La Chapelle des Fougeretz

À La Chapelle des Fougeretz, entre l'étang du Matelon et le centre-bourg, se trouvent la « Maison des associations », la « Maison des jeunes / Grange » et le bâtiment dit « Maison des sœurs Herbert ». Les six parcelles dédiées au projet bénéficient d'un cadre singulier, marqué par des bâtiments patrimoniaux existants édifiés en terre crue du pays rennais, une limite végétale et un ancien jardin, caractéristiques de ce type d'implantation.

CONTEXTE
Ce qui frappe d'emblée le visiteur qui parcourt le site, c'est sa position centrale dans La Chapelle des Fougeretz, entre l'église et les maisons de bourg d'un côté, et la proximité de l'étang du Matelon, paisible et arboré, de l'autre. Une atmosphère douce règne sur ces parcelles, renforcée par les belles échappées visuelles vers l'étang.

INSCRIPTION DANS LE SITE
Cet équipement réunit des espaces variés dédiés aux activités associatives, sociales et culturelles, dans une logique d'accès facile et accueillant pour l'ensemble de la population.
Il a donc été décidé, comme premier geste de conception du projet, de conserver deux bâtiments existants à forte valeur patrimoniale : la maison dite « des sœurs Herbert » et le bâtiment de la « Maison des jeunes / Grange », maisons de terre typiques du bassin rennais.
Le bâtiment de la « Maison des associations », à l'ouest, ne sera pas conservé en raison des transformations excessives qu'il a subies ces dernières années et de son état de vétusté. Ces modifications ont entraîné une perte importante de sa valeur patrimoniale.La maison dite « des sœurs Herbert » et le bâtiment de la « Maison des jeunes / Grange » seront réhabilités. Cela suppose le curage et la reprise des espaces intérieurs dans le respect des bonnes pratiques de conservation du bâti en terre, ainsi que la restauration et la réfection des enduits extérieurs et des menuiseries en cohérence avec l'existant.

Ces intentions ont guidé notre plan-masse, qui positionne le projet comme une transition volumétrique dans ce contexte, mettant ainsi en valeur ce nouvel équipement par une forme clairement distincte des maisons existantes. Le bâtiment « neuf » se compose ainsi de deux volumes : un volume bas abritant l'entrée principale et un volume haut accueillant la grande salle polyvalente. Ce dernier, implanté au nord-ouest et légèrement en retrait, dégage les façades nord et sud de la maison des sœurs Herbert et préserve les vues depuis les espaces intérieurs. La salle polyvalente s'ouvre vers l'étang, prolongeant en extérieur l'espace de réception intérieur.

ENTRE URBAIN ET RURAL
Le volume d'entrée, accolé au bâtiment existant, s'insère naturellement dans le site en s'inscrivant dans l'emprise des maisons existantes. Sa faible hauteur préserve la « grange » existante, et sa façade largement vitrée, rythmée par les lignes verticales de l'ossature bois, court au-devant de la maison existante. Ce haut degré de transparence attire le visiteur et crée un lien entre l'ancien et le neuf.
En arrière-plan, la salle polyvalente adopte une identité vernaculaire : toiture à deux pentes, ossature bois, bardage bois et couverture métallique - une réinterprétation des principes régionaux dans un langage architectural contemporain. L'ensemble de l'extension repose sur deux gammes chromatiques : transparence et bois naturel pour le volume d'entrée, bois et bleu marine foncé pour le volume haut de la salle polyvalente.
Sur la salle polyvalente, le bardage bois est protégé des intempéries par une lasure bleu marine, qui souligne le veinage du bois et apporte une teinte en accord avec l'enduit existant (couleur contrastée).

APPROCHE BIOCLIMATIQUE
La démarche bioclimatique est au cœur de la conception : il s'agit notamment de tirer le meilleur parti des apports solaires gratuits en hiver et en mi-saison, tout en se protégeant des risques de surchauffe par des dispositifs spécifiques (brise-soleil, débords de toiture, inertie thermique).L'orientation et le positionnement des différentes pièces intègrent également cette approche.

Le projet privilégie ainsi une démarche environnementale et reprend les grands principes de l'architecture bioclimatique :
- Orientation nord/sud, tenant compte des données climatiques du site, des vents et de l'ensoleillement (protection contre les vents de sud-ouest en particulier)
- Compacité et forte isolation de l'ensemble bâti afin de limiter les déperditions linéiques
- Faible impact paysager par le choix des matériaux : couverture en ardoise et bardage bois
- Restauration patrimoniale de deux bâtiments existants édifiés en bauge traditionnelle rennaise
- Captation passive du soleil d'hiver et protection estivale

APPROCHE BAS CARBONE
Pour réduire significativement les émissions carbone du projet, la priorité est donnée aux circuits courts d'approvisionnement en matériaux. L'ensemble des bois mis en œuvre (bois de structure, panneaux dérivés du bois, isolants biosourcés, etc.) provient de forêts régionales gérées durablement (certifiées PEFC).Le projet adopte le principe de la construction sèche, en ossature et bardage bois, garantissant un chantier propre et la préservation de l'environnement du site.Le bardage est constitué de lames de Douglas au calepinage rythmé. Sur l'extension de plain-pied, il conserve une teinte naturelle ; sur le volume en saillie de la salle des fêtes, il est lasuré bleu foncé afin de lui conférer une identité propre.
Dans la partie neuve, la faible inertie du bois est compensée par le recours à des matériaux biosourcés denses : isolation en fibre de bois entre les montants de l'ossature et Biofib (laine, lin, coton) dans la charpente de la grande salle.
L'isolation acoustique est assurée par des panneaux de fibre d'épicéa et des panneaux de contreplaqué dans le hall et la grande salle.
Dans l'existant, les murs en bauge ont été restaurés et confortés, et un enduit extérieur terre-chaux a été appliqué sur l'ensemble du bâti, restituant la finition d'origine pour la Maison des sœurs Herbert et la grange. Des « carrés » en chêne massif encadrent les baies existantes, faisant l'interface entre l'enduit à la chaux et les menuiseries.

Comme il coche à minima deux critères dans quatre catégories (sur les cinq), ce projet a été sélectionné pour figurer dans cet atlas.

Site, existant et implantation

Biodiversité et vivant

Matériaux, structure et ressources

Énergie, air, eau et confort

Cycle de vie, réemploi et inclusion

Maîtrise d'ouvrage :
Ville de La Chapelle des Fougeretz
AMO :
CERUR
Localisation :
La Chapelle-des-Fougeretz (35), France
Surface de plancher :
1 000 m²
Budget :
3 700 000 € HT
Livraison :
2 025
Architecte :
Photographe :
BET Tout corps d'état :
OTEIS
BET Acoustique :
Acoustibel

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